Mai 2026
Jacqueline Loretan

Ponts et Bouchons
Quoique laïque, notre société porte toujours les traces d’un autre âge, celui du christianisme. A ne penser qu’aux innombrables lieux et rues portant le nom d’un Saint. Cela va jusqu’aux produits de marque et aux à la gastronomie telle la haute-couture Yves Saint-Laurent ou la pâtisserie Saint-honoré. Les mots comme Noël, Pâques, Ascension et Pentecôte figurent toujours dans les agendas ; mais ne demandez pas ce qu’ils signifient ! C’est ce que j’ai fait au sujet de la Pentecôte en classe de caté. Un long moment s’est passé avant qu’une seule main se lève : « La Pentecôte, c’est un dimanche avec un lundi. » En voilà une définition tout à fait correcte. Quant à l’Ascension, tout le monde sait que l’on fait le pont. De ce point de vue, les fêtes religieuses sont toujours très appréciées et dignement célébrées. Si ce n’est pas dans un lieu de culte, ce sera dans un lieu de vacances. Un seul bémol : pour y accéder, il faut en payer le prix : les bouchons ! Mais que sont quelques heures d’attente par rapport à des jours entiers de bonheur ? - Ayons tout de même une pensée pour ceux et celles dont le métier ne permet pas d’en profiter : les personnes souvent à l’ombre, non d’un parasol, mais d’une cuisine, d’un hôtel ou d’un service d’urgence, d’un poste de surveillance routière ou dans la fourmilière d'un grand aéroport, etc. Ces concitoyens, qui sont nos prochains, saluons-les au moins de manière aimable et cordiale, émettant nos réclamations en êtres civilisés, rappelant les valeurs chrétiennes qui, si elles sont authentiques, se manifestent par un style dignement humain ; cela correspondrait à l’audacieux titre “Magnifica humanitas“ (Humanité magnifique) sous lequel le pape Léon nous offre sa première encyclique.*
* texte intégral en librairie ou sous www. la santa sede

Mai 2026
Marie
pour nous choisie,

Mars 2026
Chemin de Croix, chemin de Paix
Ce chemin peut signifier une tradition en souvenir d’évènements passés ; ou une démarche terriblement réelle, actuelle, qui se passe maintenant dans la vie d’innombrables frères et soeurs : cortèges de gens fuyant leurs foyers désormais inexistants ; champs où les mines poussent en lieu et place du blé ; hôpitaux transformés en cratères et transports publics remplacés par des pieds écorchés.
Nous pouvons ressentir douloureusement notre impuissance, et c’est normal, pourvu que ce ne soit pas de l’indifférence, ni de la désespérance. Cultivons au contraire le désir vif que tout cela finisse. Jusqu’à ce que ce jour arrive, saisissons les occasions de concrétiser notre espérance par un don, une pensée, une attitude solidaire.
Espérance croyante de voir la colombe de paix apparaître avec un rameau d’olivier dans son bec. Ainsi, le jardin des oliviers n’évoquera pas seulement l’agonie du Christ, mais bien plus le lieu où le Vivant est apparu à Marie de Mandala au matin de Pâques.

Mars 2026
La vie plus forte que la mort
Voilà pour l’Ukraine. Et la liste est longue des pays où nos semblables manquent de tout. Pour eux aussi, le printemps doit se manifester, peut-être grâce à nous, qui avons entendu les Paroles de Jésus.
Par une heureuse conjoncture, le Ramadan, cette année, se déroule en même temps que le Carême. Nous pouvons y lire une invitation à faire cause commune pour unir toutes les énergies de vie nouvelle et hâter la venue de temps meilleurs pour l’humanité.

La liturgie pour les nuls
- Hier, c’était la Fête de la Présentation du Seigneur aux Temple.
- Connais pas!
- Mais si, c’est le jour des crêpes de la chandeleur, le 2 février.
- Ah ça, alors oui.
- Et puis le 6 janvier, on a célébré la Fête de l’Epiphanie.
- Sainte Epiphanie ? Jamais entendu parler !
- Tu devrais pourtant te rappeler, ce jour-là, on a mangé les galettes des rois.
- Ah oui, et quelqu’un s’est cassé les dents sur la figurine cachée dans la pâte ! Sincèrement, vous, les gens d’Eglise, vous ne pourriez pas appeler les choses par leur vrai nom au lieu de nous planter là, comme des nuls, avec votre langage codé ?
2. Epilogue (= ce qu’on ajoute à la fin)
Les rares fois que je mets les pieds à l’église, comme dernièrement pour un mariage, le curé a fait de la poésie. Il a dit quelque chose comme : “Le banquet des Noces de l’Agneau”. Cela tombait mal, car le futur époux n’a rien d’un doux agneau, il est plutôt colérique. Bref, ce n’est pas plus compréhensible que le bon vieux latin qui ressemblait au moins un peu à mon patois. Heureusement que le Bon Dieu me comprend quand je lui dis : « S’il te plait, occupe-toi de ce monde de fous et que tous les enfants aient à manger. Amen. »

Le festival des diversités

P-A-I-X
Ce mot, il nous faut le prononcer avec foi. Car la Paix, la vraie, fait partie des choses invisibles, de notre beauté intérieure et de nos comportements qui donnent vie.
Offrons-nous donc mutuellement cette perle précieuse qu’est la paix, sans crainte de l’user ; qu’elle nous accompagne à chaque étape de la nouvelle année et nous rende heureux !
BONNE ANNÉE À TOUTES ET TOUS !

AVENT

Mise en boîte !
(petit gag pour temps d’automne plombé ?)

Octobre, vu de son meilleur côté !

« UNE PIÈCE DE PLASTIC BLEU »

À vos valises !
Commençons par le début *, c’est-à dire le choix des valises, selon calibre, couleur, poids, etc. Au cours des travaux, ces contenants peuvent bien sûr s’échanger d’après leur contenu, ce dernier également variable, jusqu’à l’ultime échéance de l’enregistrement des bagages.
Car, rentrent en compte de la météo, de la situation économiques des éventuels accidents ou maladies , de la gastronomie locale avec ses dangers d’indigestions et allergies, ainsi de suite.
Donc, ajouter absolument : Une valise pharmaceutique, des aliments lyophilisés de substitution, des vêtements chauds en cas de grosses intempéries, ainsi que tous objets utiles de qualité de “chez nous“. Et ce n’est pas tout:
À discerner : Vaut-il mieux emporter une canne à pêche ou des cannes anglaises?
Un chapeau de paille ou un casque haute sécurité? Des sandales légères ou des bottes étanches? Des serviettes de plage ou une bouée de sauvetage?
Dans le doute : non pas s’abstenir, mais investir.
Nous voici de retour à la case départ* à voir plus haut

Bon débarras ?
Qui ne se reconnaît pas un peu dans ce genre de réflexe ? Arrive une catastrophe - vite, montons au galetas! Or, les secouristes de Blatten ont tout de suite avertis: c’est d’abord de l’argent qu’il faut pour que chaque personne, chaque famille sinistrée puisse s’acheter ce dont elle a vraiment besoin. Ne privons pas de leur dignité ceux qui sont privés de leurs possessions.
Ceci me rappelle les temps où les missionnaires distribuaient fièrement les “friperies“ envoyées par les “gentils blancs“ pour les “pauvres noirs“. Alors que de l’argent pour acheter du tissu fabriqué sur place et une machine à coudre aurait permis à bien des personnes de gagner leur vie et de mettre des habits neufs à leurs enfants. - C’était une époque heureusement révolue, ou presque. Mettre la main au portemonnaie et donner plus que le superflu implique une certaine privation en faveur de ceux qui ont été privés de tout. Nous serons d’ailleurs toujours impressionnés de la dignité des “vrais“ pauvres qui n’hésitent pas à partager le peu qu’ils ont.

Aimez-vous les uns les autres
C’est au hasard de la lecture d’un roman* que cette idée m’a frappée. L’histoire se situe à l’époque de l’occupation nazie ; une bibliophile découvre dans une librairie juive clandestine les Aphorismes du Baal Chem Tov. Elle en est saisie. Suite à cela, je les ai cherchés sur Internet et j’y ai découvert de véritables perles. En voici deux :

Arc de Triomphe
Un Jubilé de Profession, c’est une affaire de cœur, une histoire d’amour. L’amour de Dieu, bien sûr, mais enraciné dans la terre que nous foulons pour aller vers les autres, passage obligé pour rencontrer le tout Autre, Dieu, qui a pris visage humain en Jésus de Nazareth.
Depuis cela, tout visage d’homme nous parle de lui, comme il est écrit dans une des plus belles pages de l’évangile : « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25,31-46)
Ils fêterons ce jubilé avec nous, ces plus petits que nos sœurs ont un jour rencontrés, soignés, aimés.

Des mots à désarmer
Ce qui frappe d’emblée, c’est l’importance donnée aux mots :
« Nous devons désarmer les mots pour désarmer les esprits et désarmer la Terre. »
Ce triple appel au désarmement paraît original, il est pourtant terriblement réaliste.
Voyons combien de querelles s’enflamment à partir d’un seul mot qui ressemble à un couteau tiré ou un pistolet pointé vers l’interlocuteur. Et puis, il y a le regard, le geste et surtout, le ton qui en disent plus long que les mots seuls. Parler en vis-à-vis désarmé, avec un langage qui sort d’un esprit désarmé, voilà qui peut désarmer la terre.
Le saint Père conclut avec cet appel pressant: « Les religions peuvent d'ailleurs puiser dans la spiritualité des peuples pour raviver le désir de fraternité et de justice, l’espérance de paix. Tout cela demande de l'engagement, du travail, du silence, des mots. Sentons-nous unis dans cet effort, que la Grâce céleste ne cessera d'inspirer et d’accompagner. »
Dans sa lettre ne figure nulle part le mot « Dieu ». François s’adresse à tout homme de bonne volonté, quelle que soit sa croyance. Pour ceux qui pratiquent le jeûne, en voici un qui engage tout l’être, à commencer notre langue, tel que Saint Jacques en parle dans son Epître. (Jc 3,5-10)
Sœur Jacqueline

L'intelligence du coeur
- Vivre la communication non-violente au quotidien ; - Improviser une fête à partir d’un évènement ordinaire ; - Savoir dire “merci“ et “bonjour“ et “comment allez-vous ?“ en ces lieux sans âme que sont les salles d’attentes, les transports publics, les bureaux…
Ce combat paraît dérisoire, comme celui de David contre Goliath. Pour venir à bout de la bêtise brute, il nous faut remplir notre fronde de galets diamétralement opposés, la clairvoyance et l’empathie; autrement dit:
L’INTELLIGENCE DU COEUR
Elle s’acquiert par un regard neuf et bienveillant sur le monde et tout être vivant, par l’émerveillement, la gratitude et le désir que tous aillent bien …
Sœur Jacqueline
