Jacqueline Loretan

« TU AIMERAS… de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit !. »
Mt 22, 34-40 / 30e Dimanche T.O. A / 25 octobre 2026
Aimer ne ne s’impose pas, cela doit rester l’acte le plus libre qui soit. Tout le monde le sait…, sauf la Bible. Il y est formellement commandé d’aimer, dans l’Ancien (Dt 6,5) comme dans le Nouveau Testament (Jn 13,34). Tout l’édifice religieux s’effondre sans le grand, le premier commandement.
Le docteur de la loi ne semble pas s’intéresser au contenu, mais à la formulation exacte, à “l’emballage vide“ de cette loi. La réponse de Jésus dépasse de loin la forme, elle mène la loi d’amour à sa perfection en y introduisant la révélation du prochain (Lv 18,19). - Aimer Dieu, oui ; à 100% oui ; mais comment y arriver sans voir l’objet de son amour ?
Notre texte ne parle pas de la réaction des pharisiens. Ce qui importe, c’est la nôtre ! C’est l’impact que cette Parole a sur notre vie. Va-t-elle faire sauter la bulle d’une piété uniquement occupée à “aimer Dieu” ? C’est ici qu’éclate la nouveauté : « Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, son amour atteint la perfection. » (cf.1 Jn,4,12), C’est dans le prochain que Dieu se rend visible, dans l’immigré, la veuve et l’orphelin, comme nous le rappelle la première lecture.
Et si, finalement, ce n’était pas Dieu qui nous “commandait d’aimer”, mais les voix innombrables de ses frères, les plus petits ?
Sœur Jacqueline
