Jacqueline Loretan

« Ton regard est-il mauvais, parce que moi, je suis bon ? »
Mt 20, 1-16 / 25e Dimanche T.O. A / 20 septembre 2026
Toute la journée, le propriétaire de la vigne a été à la recherche de vendangeurs, jusqu’à la dernière heure. Et là, il aperçoit quelques hommes que personne n’avait embauchés. Ceux-là aussi, il les envoie travailler à sa vigne ; leurs enfants ne se coucheront pas le ventre vide ce soir.
S’étant mis d’accord d’un denier pour chaque ouvrier, il le leur fait remettre, en commençant par les derniers. Ce qui étonne et même révolte les premiers :« Pourquoi le maître ne nous donne-t-il pas davantage ? C’est injuste. »
Nous sommes tentés de penser comme eux. Mais n’oublions pas que les paraboles ont leur logique propre. Jésus les utilise justement pour faire choc. C’est ce qui étonne ou heurte qui fait réfléchir. L’auditeur est amené à découvrir, dans le comportement du maître, la véritable nature du Royaume : une relation avec le Père céleste où ni comparaison, ni jalousie n’ont droit de cité. Car ici, comme dans les Béatitudes, Jésus renverse l’échelle des valeurs : le vrai riche, c’est le pauvre ; le petit égale le grand et le dernier devient premier.
Dieu serait-il un tant soit peu capricieux ? Avant de répondre, ajustons notre regard aux coutumes du Royaume dont la justice se réfère à l’unique loi, celle de l’amour. Car Dieu lui-même n’est que bonté.
Sœur Jacqueline
