Jacqueline Loretan

« Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? »
Jn 4,5 - 42 / 3ème Dimanche carême A
Nous sommes en présence d’une des plus belles scènes johanniques, célébrée en beaux arts et en littérature. Scène qui pourtant se base sur un récit à fond de fatigue et de soif : Un homme est assis en plein midi près d’un puits. N’ayant pas de quoi puiser, il demande à boire à la première personne venue… qui se révèle être une femme, une Samaritaine.
Hasard ou providence? Peu importe, puisque Jésus transforme toute rencontre en évènement de salut.
Progressivement, au cours d’un échange assez vif, le voyageur va se révéler : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. »
Etonnée, puis surprise que cet étranger connaisse sa vie privée, la femme semble éviter ce sujet sensible et se met à parler de lieu de culte et de la venue du Messie. Et c’est précisément avec cela qu’elle prépare l’espace où Jésus va prononcer la parole décisive: « Je le suis, moi qui te parle. »
Cette page d’Evangile est infiniment riche, chargée de symboles bibliques. Qu’allons-nous en tirer pour nous-mêmes, pour notre rencontre avec cet Inconnu qui nous connaît si bien?
A son tour, il se fera connaître, lui, Dieu fait homme, tellement homme, que l’on peut lui attribuer cette citation emblématique du poète Térence (2e av. J.-C.),
« Rien de ce qui est humain ne m'est étranger »
Sœur Jacqueline
