Jacqueline Loretan

« Nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons. »
Mt 14,13-21 / 18e Dimanche T.O. A / 02 août 2026
Constat qui sonne comme une plainte. Jésus ne s’y arrête pas, tout comme il a ignoré la proposition de renvoyer les foules. Pour toute réponse, les disciples s’entendent dire que c’est à eux d’y pourvoir : « Donnez-leur vous-mêmes à manger! »
Avec si peu ? - Drôle de gestion d’une crise. - « Apportez-les moi. »
Cela étant dit, Jésus prononce la Bénédiction d’avant le repas, comme si tout était normal. C’est précisément son regard vers le ciel qui fait tout basculer, qui est l’élément charnière de notre récit. Du peu, on passe soudain à la surabondance :
« Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. »
Pour nous, comme pour les disciples, c’est l’étonnement complet. Comment est-ce possible? Il faut croire que Dieu agit avec nous à partir de ce que nous avons et ce que nous sommes, il suffit de le lui apporter. Giuseppe Cottolengo et tant d’autres amis de Dieu l’ont expérimenté. Thérèse de Lisieux, si jeune et peu instruite, se voyait donner la nourriture spirituelle à ses novices à partir de ses mains vides.
Morale de l’histoire : si l’on attend d’être “assez” riche aider les pauvres, on ne le fera probablement jamais. Le disciple, lui, cherche à imiter Jésus qui se donne lui-même tout entier, jusqu’à livrer son propre corps en nourriture, Fraction de pain sans fin.
Sœur Jacqueline
