Jacqueline Loretan

« Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui… »
Jn 9,1-41 / 4èm dimanche Carême A
Nous voici encore avec une page johannique capitale. Non tellement à cause de la guérison de l’aveugle-né (il y en a plusieurs dans les synoptiques), mais par le fait que le signe se produise à la suite d’une question des disciples. Question des plus communes : cet homme subit-il les conséquences d’un péché de ses parents, de la part d’un Dieu qui serait à l’origine de tous ses malheurs ?
C’est cette représentation de Dieu que Jésus lui-même remet en cause. Dieu ne vient pas punir l’homme. Par son Fils, il vient au contraire le rétablir dans la lumière. Telle est l’œuvre du Fils, Lumière du monde (8,12), pour révéler l’amour miséricordieux de ce Dieu Père.
Cela se reflète déjà dans la défense courageuse de l’ancien aveugle que Jésus oppose à ses détracteurs, seul contre tous, jusqu’à se faire jeter dehors par les agents du mensonge et des ténèbres.
Sur ce fait, Jésus revient sur scène et révèle son identité à l’homme qui déjà lui avait rendu un lumineux témoignage.
« Je crois Seigneur », lui dit-il. Cette foi confessée en une prosternation de belle vénération n’est-ce pas le signe véritable, qui exprime la guérison totale de cet homme, au terme de ce long “parcours du combattant” ?
L’œuvre de Dieu est miséricorde : c’est l’unique réponse ajustée à la question initiale ; qu’elle s’élève aussi de nos cœurs lors de toute rencontre semblable.
Sœur Jacqueline
