Jacqueline Loretan

EPIPHANIE DU SEIGNEUR
LS 60,1-6 / Mt 2,1-12
Si l’Epiphanie est surtout connue comme “Jour des Rois », avec galettes et couronnes, le récit évangélique y fonde la Fête de la Manifestation du Christ aux nations. Elles sont représentées par des personnages (leur nombre n’y est pas précisé) venus d’Orient. Rois, Sages, Astrologues ; à pied, à cheval ou à dos de chameaux? L’Evangéliste ne s’y intéresse pas, mais il a l’audace de relater une histoire vraie qui ressemble à un conte de fée. Des visiteurs éminents à la recherche d’un roi nouveau-né s’arrêtant à l’humble demeure d’une famille de déplacés pour se prosterner devant leur petit garçon. C’est du jamais vu.
Le contenu réel de ce récit étonnant dépasse infiniment sa forme. Car, non seulement des grands s’abaissent devant un petit, mais, le Fils du Dieu très-haut en premier s’est abaissé, se faisant homme pour nous sauver du mensonge initial et fatal du serpent: « Vous serez comme des dieux. »
Notre fête vise donc l’universalité du salut. Depuis les débuts du christianisme, des missionnaires sont partis aux quatre points cardinaux pour que cela se réalise. Et l’ouvrage est toujours sur le métier. Nous savons mieux aujourd’hui que son accomplissement ne se mesure pas en km, mais en densité et en profondeur. Oui, les périphéries encore dans l’ombre se situent autant chez nos voisins de palier que dans certains recoins de notre propre coeur. Or, c’est dans la nuit “privée d’écrans“ que l’Etoile se voit le mieux. Déposons ce qui fait écran entre nous et l’Enfant et recevons son sourire.
Sœur Jacqueline
