Mon carême – une découverte !

Il y a du carême en l’air. Je commence à compter sur les doigts : fini le chocolat, finis les cigarettes et l’alcool, plus aucune gourmandise. Plaisirs bannis et renoncements recommandés.

Dans quel but ? Ah, je vais me sentir meilleure, m’éviter toute culpabilité, « faire plaisir au Bon Dieu ». Et, surtout, j’aurai du mérite !

C’est quoi, au juste, le mérite ? Peux-t-on mériter le ciel (notion plutôt abstraite, voire ennuyeuse) ? Ou bien, mériter la santé, la paix familiale, une place de travail assurée, une vieillesse heureuse et, pour terminer, un bel enterrement ? Ce bonheur, disait-on, il faut le mériter à force de sacrifices et d’efforts. Oui, c’était là le catéchisme de nos parents et grand-parents, et je ne les blâme pas. Ils étaient braves et courageux.

 

L’autre jour, j’ai vu arriver à la Pelouse plus de 60 personnes d’âge plutôt jeune et moyen qui venaient participer à une journée de formation d’auxiliaires de l’Eucharistie donnée par le P. Philippe de Roten, directeur du CRPL. S’ils avaient l’air joyeux et motivés en arrivant, ils l’étaient encore plus en repartant. J’ai été frappée par ce visage d’une Eglise renouvelée, en constant « aggiornamento » où règne la joie de l’Evangile et où la miséricorde fait loi.

Alors, mon carême austère plein d’interdits ? Ne serait-ce pas avant tout un chemin spirituel et libérant, ces quarante jours qui conduisent à la joie de Pâques ? Une découverte progressive de ce Père aimant qui attend qu’enfin j’ose le tutoyer !