Tourisme de masse

Ce phénomène apparaît un peu dans tous les médias. Les habitants de Barcelone, de Venise et des côtes portugaises ne se sentent plus chez eux. Pourtant cela fait simplement partie de la libre circulation des personnes. Chacun peut aller où il veut. Chacun ?

Apparemment, oui. Nous voyons défiler des touristes de partout : Européens, Asiatiques, Américains, Arabes… même Africains s’ils ont un niveau de vie qui leur permet d’acquérir un billet d’avion et un visa.

Parallèlement aux flots de touristes, nous voyons (si nous voulons bien)

les flots migratoires. Finie la libre circulation lorsqu’il s’agit de personnes dépourvues d’argent. Elles fuient une misère pour en trouver mille autres. Les stations balnéaires côtoient les camps de réfugiés et de migrants. Le fond de la « Mare Nostrum » est devenu la destination finale pour des milliers de pèlerins en route vers une vie meilleure.

Les humains ont toujours été et restent encore des migrants. Depuis la nuit des temps, ils se déplacent vers les pâturages les meilleurs, au propre comme au figuré.

Si l’Argent gouverne tout, même les lois de nos démocraties, il existe des individus courageux qui osent la désobéissance civile afin de venir en aide à quelques-uns parmi ceux qui n’ont pas le droit de passer librement d’un pays à l’autre.

On peut citer le reporteur indépendant Raphaël Krafft et son très beau livre intitulé « Passeur ». Et tout récemment, la radio nous a rendus attentifs à l’écrvain et poète antillais Patrick Chamoiseau et son « Frères Migrants » ainsi qu’un ouvrage collectif écrit sous sa direction : « Osons la fraternité ! »

Et je m’interroge : dans quelle mesure suis-je cohérente avec le message de l’Evangile ? Jusqu’où suis-je prête à sacrifier mes habitudes, ma sphère privée, mon confort…? Que la prière et la fréquentation des Ecritures me transforment et me libèrent, car une humanité aux barbelés n’est plus qu’une horde de barbares.

 

Sr Jacqueline ssm